© 2015 by Valérie Faghéon

JEUX VIDEO ET HYPERCONNEXION

Etant joueuse à mes heures, je suis familière avec l'univers des gamers, leur langage et leurs problématiques

Les gamers représentent désormais une proportion impressionnante de la population de 11 à 45 ans (statistiques 2018 : garçons et filles à quasi-égalité, moyenne d'âge 39 ans) et la tranche d'âge ne cesse de s'agrandir. Le jeu vidéo est une des pratiques culturelles les plus répandues au monde (seule l'édition lui résiste encore) : le chiffre d’affaires de l'industrie vidéoludique se compte en centaine de milliards et explose celui de la musique et du cinéma.

 

Les jeux en ligne font cohabiter des milliers - parfois des millions - de joueurs connectés aux quatre coins de la planète. Devenu un sport reconnu, l'E-sport est un secteur en plein essor. Lors de compétitions organisées à travers le monde, il rassemble les meilleurs joueurs professionnels et voit son succès consacré par des événements monumentaux.

 

La pratique du jeu se fait universelle, elle est devenue un véritable phénomène de société et occupe une place incontournable dans le quotidien de nombreux français.

QUE FAUT-IL PENSER DES JEUX VIDÉO ?

Il est naturel de jouer

C'est même l'un des besoins fondamentaux de l'être humain (voir un article de Psychologies.com à ce sujet). Le jeu est universel et intemporel.

 

Les jeux vidéo présentent un graphisme de plus en plus élaboré, les ressorts ludiques sont d'une richesse inégalée, et l'offre est si diversifiée qu'elle permet de contenter tous les styles de joueurs.

Les jeux vidéo comblent des besoins essentiels

La "vraie vie" peut paraître lourde à porter pour nos ados et jeunes adultes : l'exigence de la réussite et la pression du "tu peux mieux faire" sont parfois pesantes, quant au monde qui les attend, il est pour le moins en flottement.

"C'est dans le monde virtuel que je me sens vivant !". Combien de fois ai-je entendu cette phrase...

En réalité ce n'est guère surprenant : dans le jeu vidéo on est félicités, reconnus, appréciés pour nos points forts, gratifiés au moindre progrès. On a une mission définie et motivante, des objectifs et du challenge. On y puise enfin de quoi nourrir notre besoin de lâcher-prise, de rire, de se sentir léger et insouciant.

Les jeux vidéo développent de multiples compétences

Rien d'étonnant au regard de la sémantique, Ludus en latin signifiant à la fois amusement, jeu, et école. 

De nombreuses études font état des apprentissages véhiculés par le jeu vidéo : on y apprend à s’entraider, communiquer, développer son sens de la stratégie, gérer ses finances, développer un esprit d’équipe, son sens des valeurs, parler anglais, maîtriser des situations complexes, améliorer son calcul mental et même son orthographe... De plus on se familiarise avec l'univers digital dont seront faits nombre de métiers de demain.

 

Les jeux vidéo sont l'apanage des enfants du numérique 

Notre progéniture évolue avec son époque, et c'est tant mieux. Un bel avenir s’ouvre aux mondes virtuels dont les domaines d'utilisation sont quasiment illimités. Autant l'accepter et vivre cette cohabitation le mieux possible. Sans compter que face aux conduites adolescentes dramatiques que sont la délinquance, la drogue ou la marginalisation, le jeu vidéo constitue souvent une échappatoire.

 

Mais les jeux vidéo inquiètent...

En voyant son enfant ou un proche devenir un geek, se retrancher derrière son écran et oublier la "vraie vie", on se pose inévitablement des questions. Ne serait-il pas en train de se désocialiser ? Fait-il bien la différence entre virtuel et réalité ? Et puis le jeu vidéo ne serait-il pas responsable de la mauvaise relation qui s’est installée à la maison ? Ces jeux ont si mauvaise réputation...

 

A retenir

Le jeu vidéo est un média parmi d'autres, et le gamer sait parfaitement distinguer virtuel et réel, au même titre qu'un cinéphile devant un bon film.

Par ailleurs bien souvent le joueur est, contrairement à ce qu'on pense, en recherche de relation en intégrant une communauté dans laquelle il développe un fort sentiment d'appartenance et de solides amitiés. 

 

Gardons à l'esprit que l'inconnu inquiète et que la sombre réputation du jeu vidéo est souvent véhiculée par des non-joueurs.

Un grand merci au dessinateur Kogus pour cette talentueuse interprétation ;-)

LES PRATIQUES EXCESSIVES - ADDICTION

Mais lorsqu'un gamer se met à jouer trop, beaucoup trop et au détriment de tout le reste, il est nécessaire de réagir.

Les véritables nolifes* représentent environ 5% des joueurs. 

Les signes d'une pratique excessive et qui doivent alerter :

  • Le gamer joue de très nombreuses heures et perd la notion du temps

  • Il dort peu et mange à toute vitesse, ou devant son jeu dès qu'il en a l'occasion

  • Il arrête ses activités sportives

  • S'il est en âge scolaire : ses résultats sont en chûte libre, il sèche des cours

  • Il ne se déplace plus pour voir ses amis

  • Il est inactif (déscolarisation ou chômage)

  • Il ne participe plus à la vie de famille

  • Les rendez-vous sur le jeu sont devenus sa priorité

  • Il devient difficile de parler avec lui, il est devenu agressif ou triste.

L'accumulation de ces critères est signe qu'il a probablement besoin de trouver sa place dans le monde réel et de donner un sens à sa vie. Une aide est à envisager. 

* Nolife : littéralement "pas de vie".

MON INTERVENTION

Je propose aux gamers un coaching en présentiel ou par Skype, et je les accompagne au moyen de techniques originales et innovantes. 

 

En explorant leur façon de jouer, en faisant émerger leurs motivations dans le jeu et en les transposant dans le monde réel, ils prennent conscience de leur potentiel et trouvent de nouvelles motivations.​